« Aux origines de Cannes – pêche et autres trésors de la mer »

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Une exposition est toujours une aventure. Une aventure pour ceux qui la font et pour ceux que l’on expose. Celle-ci l’était peut-être encore plus que d’ordinaire.

En effet, l’exposition Aux origines de Cannes-pêche et autres trésors de la mer a permis d’aller à la rencontre des pêcheurs cannois. Elle démontre clairement que le rapport entre le pêcheur et la mer est synonyme d’une complicité entre l’homme et son territoire. On y découvre que la pêche est un métier difficile, mais aussi que les pêcheurs acquièrent une connaissance presque intuitive de l’environnement et de leur territoire : la baie de Cannes.

Flotteurs de pêche, XXe siècle, liège, chanvre
© Olivier Calvel, 2025
Gireliers, XXe siècle, osier tressé, coton
© Olivier Calvel, 2025
Nasse, XXe siècle, osier
© Olivier Calvel, 2025

Trente ans exactement après l’exposition intitulée Avec les pêcheurs de Cannes en 1995 au Musée de la mer, (ancien nom du musée du masque de fer et du Fort Royal) le constat est mitigé. A l’heure actuelle, il ne reste qu’un petit groupe de 32 pêcheurs appartenant à la prud’homie de Cannes. Ils rencontrent de multiples problèmes dans leur quotidien : le tourisme de masse, la pollution, les normes nationales et européennes pesantes et inadaptées à la petite pêche artisanale…

La liste est longue. Mais il y a heureusement des choses qui vont dans le bon sens : le projet de création d’une zone réservée à la pêche au sud de l’île Saint-Honorat, la mise en valeur des prud’homies, le programme de replantation de la posidonie, le peuplement par le faune et la flore aquatiques de l’écomusée sous-marin situé entre les deux îles et bien évidemment le projet d’inscription de l’île Saint-Honorat sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Ville de Cannes joue un rôle moteur et soutient toutes ces actions.

Cannes, ce petit village de pêcheurs fondé autour du port, avec ses habitations concentrées au Suquet, a bien changé. Aujourd’hui le village provençal s’est transformé en port de plaisance. Mais les pêcheurs sont toujours là. Ainsi le vieux port reste un élément patrimonial fort. Il s’agit d’une réalité économique, identitaire et humaine cannoise. D’ailleurs, la prud’homie de pêche de Cannes est la plus importante des Alpes-Maritimes et du Var.

Aux origines de Cannes-pêche et autres trésors de la mer mêle différents points de vue : la vision des patrons pêcheurs et la vision des artistes. Ainsi, on découvre les interprétations d’Alberto Storari, artiste en résidence au printemps 2025 sur l’île Sainte-Marguerite, et de Karl Kugel, photographe à l’origine de l’exposition de 1995.
Alberto Storari a créé plusieurs œuvres lors de son séjour au Fort Royal. Cet artiste italien vivant à Vienne en Autriche travaille les thèmes liés à la nature et au paysage comme lieu de mémoire. Une peinture sur toile et un ensemble pictural sur papier de soie avec des techniques mixtes utilisant les encres et le transfert d’images sont ainsi présents sur les cimaises de l’exposition. Par ailleurs, Alberto Storari a suivi les pêcheurs en mer afin de documenter leurs vies de marins à travers une série de photographies.

Nasse, XXe siècle, osier
© Olivier Calvel, 2025
Filet de pêche, XXe siècle, coton, plomb, liège
© Olivier Calvel, 2025

Cette exposition dresse un état des lieux de la pêche artisanale à Cannes et rend hommage aux pêcheurs. Elle est également dédiée à la Méditerranée et vante ses beautés pour donner à chacun l’envie de la protéger davantage. Vive la mer, ceux qui la protègent et ceux qui en subsistent !

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