Acquisitions FRAM
Portrait de Diego ou tête noire    [ Photographie ]
Signé en bas à droite. Alberto Giacometti est unanimement reconnu comme un des artistes les plus originaux du XXe siècle. Sculpteur, peintre, dessinateur, graveur et lithographe, ce créateur s'est imposé par une approche tout à fait unique de la réalité. L'influence de son milieu familial (son père était peintre), ses voyages en Italie, la fréquentation de l'atelier de Bourdelle, la rencontre des œuvres cubistes et post-cubistes, l'influence de la pensée de Georges Bataille puis d'André Breton n'auront servi qu'à le faire revenir vers ce qui devait le hanter, durant toute sa vie de façon obsessionnelle et qui peut se ramener à une question en apparence très simple, qu'il a souvent exprimée lui-même : "Comment parvenir à représenter ce qui est ?" Dès 1934, Giacometti remet profondément en question toute son œuvre, ce qui l'amène à rompre avec le groupe surréaliste auquel il déclare : "Je n'ai pas d'autre objectif que d'essayer de mettre en place une tête humaine." Déjà, en 1934, la sculpture qui devait enthousiasmer André Breton, L'objet invisible, est à la charnière des contradictions qui habitent l'artiste à cette époque. Les deux mains tenant le vide indiquent à la fois l'indécision sur la direction à donner à son œuvre et la prise de conscience au plus profond de lui-même que la confrontation touchera désormais le réel beaucoup plus que le rêve. "Je savais – dira-t-il quelques années plus tard à Pierre Schneider – que, quoi que je veuille, je serais obligé, un jour, de m'asseoir devant le modèle, sur un tabouret, et d'essayer de copier ce que je vois." Cette attitude en apparence banale, qui n'a pas manqué de susciter de la part de beaucoup de proches de l'artiste la virulente critique d'un retour à l'académisme, cache en fait une interrogation bouleversante concernant le rapport de son être avec le monde, c'est-à-dire avec le visible. "Pourquoi y a-t-il de l'être plutôt que rien ?" (Martin Heidegger) sera la question à partir de laquelle la nouvelle philosophie d'après-guerre cherchera à élaborer ses développements. "L'être qui monte dans le signe qu'on simplifie" (Yves Bonnefoy) sera l'énigme que traquera désormais Alberto Giacometti dans sa recherche déchirante de la représentation, que ce soit par la sculpture, le dessin ou la peinture. L'artiste va alors s'engager dans une aventure entrecoupée de moments de crise, de tensions exacerbées pour restituer la figure, le regard, la présence du modèle où se rassemble tout le mystère "d'être au monde". L'œuvre qui vient d'être acquise appartient aux quinze dernières années de la création de l'artiste, durant lesquelles il parvient à réaliser ses plus grands chefs-d'œuvre. Les peintures de cette époque forment un tout exceptionnel aussi bien par le caractère que par l'intensité qui les traverse et nous les rend si présentes. Giacometti peint en effet durant cette période de nombreux portraits de son épouse Annette, représentée soit assise soit en buste, ainsi que plusieurs toiles où son frère Diego apparaît à travers des portraits aussi étonnants que le Diego à la chemise écossaise ou le Diego à la chemise rouge et une série de têtes remarquables, noires ou grises, qui s'échelonnent entre 1956 et 1957. C'est à cette série qu'appartient la Tête noire de 1957. Nicolas CENDO


- Artistique - Autre
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Informations
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Nom de l'artiste : GIACOMETTI Alberto
Genre : Photographie
Domaine 1 : Artistique
Domaine 2 : Autre
Portrait
Datation : 1957 / - / -
Période : Période contemporaine (1789 à nos jours)
Provenance :
Dimensions : hauteur : 33,5 cm ; largeur : 24,5 cm
Matière : Huile sur toile
Technique : Peinture à l'huile
Commission FRAM : 1992
N° inventaire : C.92.5
Expositions
Bibliographie exposition :