Acquisitions FRAM
Tête plate    [ Ustensile ]
Signé au revers en haut à gauche : J.G.

Julio Gonzalez, qui connut une première carrière de peintre et d'orfèvre, est considéré comme l'un des grands précurseurs de la sculpture métallique. Travaillant en 1918 comme ouvrier aux usines Renault à Boulogne, il découvre le procédé de la soudure autogène, qui lui permettra d'utiliser le fer en plaques et en tiges, de le découper et de l'assembler comme les cubistes avaient fait du papier dans leurs collages.
Il n'accède cependant à la célébrité qu'au cours des dix dernières années de sa vie, alors qu'il peint et sculpte depuis le début du siècle. Aujourd'hui encore, seules ses œuvres réalisées à partir de 1928 retiennent particulièrement l'attention des historiens de la sculpture moderne.
Gonzalez, que l'artiste américain David Smith définira en 1956 comme "le père des sculptures en métal", développe en effet, au long d'une quinzaine d'années, une activité plastique d'une extrême intensité et d'une remarquable force novatrice, dans laquelle le travail du fer forgé et soudé s'articule à une pratique permanente et exploratoire du dessin.
En 1930, date de la réalisation de la Tête plate, Gonzalez utilise les techniques du fer et de la soudure depuis trois années seulement. Il semble pourtant pleinement maître de ce procédé, qu'il utilise déjà avec un souci de rigueur et un sens de la lisibilité exceptionnels.
Tête plate est tout à fait contemporaine de la collaboration de Gonzalez avec Picasso - collaboration initiée en 1928 et qui a récemment fait l'objet d'une belle exposition "hors-les-murs" du Centre Pompidou (Jacobins de Toulouse). Le vocabulaire plastique dont elle se nourrit appartient aussi bien à l'un et à l'autre artiste, sans que les réalisations de l'un n'aient jamais dépossédé le génie de l'autre. Bien au contraire, les quatre années de travail commun semblent avoir permis aux univers respectifs de Picasso et de Gonzalez de se développer davantage et de mieux cerner leurs objectifs propres.
L'objectif de Gonzalez, quant à lui, était profondément et indissociablement lié à la question même de la sculpture, ce qui n'était pas le cas de Picasso, qui associait et croisait les différentes techniques au sein d'un même appétit global de création.
Tête plate est une œuvre tout à fait significative des années 1928-1930, qui voient Gonzalez, conforté par la proximité et la confiance de Picasso, s'engager dans la recherche d'un langage proprement analytique - pas très éloigné des principes expérimentaux du Cubisme - qui s'attache à décanter progressivement le sujet et à le recréer au moyen d'un vocabulaire rigoureux de plans et de lignes de force.
L'acquisition de cette œuvre remarquable permet au Musée Cantini d'ajouter un chef-d'œuvre de la sculpture moderne à une collection qui compte encore très peu d'œuvres plastiques d'importance historique. Pour l'essentiel, les seules belles sculptures modernes actuellement conservées par le musée sont : quelques bronzes de Henri Laurens (dépôts du MNAM), une Danseuse à la palette de Gonzalez (vers 1934, tout à fait complémentaire de la Tête plate, et également déposée par le MNAM), un relief de Jean Arp (Genèse, 1944), et Nombre de Victor Brauner (sculpture en plâtre).
Olivier COUSINOU


- Artistique -
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Informations
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Nom de l'artiste : GONZALEZ Julio
Genre : Ustensile
Domaine 1 : Artistique
Datation : 1930 / - / -
Période : Période contemporaine (1789 à nos jours)
Provenance :
Dimensions : 0,218 x 0,182 x 0,111 m
Matière : Fer forgé, soudé
Technique : sculpture, soudure
Commission FRAM : 1999
N° inventaire : C.00.2
Expositions
Bibliographie exposition :