Acquisitions FRAM
Epée de sous-officier d'artillerie d'Afrique    [ Arme - engin ou objet de chasse ou pêche ]
Au XVIIIe siècle, l'épée n'est pas l'apanage des officiers ou de la Cour, les sergents de l'infanterie française la portent aussi. Celle de sergent n'a jamais été, semble-t-il, règlementée. Le plus souvent, elle est en fer avec une lame symétrique, rarement gravée. Ce n'est généralement pas une arme de combat, sur le champ de bataille : elle se porte en tenue « de ville » et se diffuse dans toute la société militaire au XVIIIe et au XIXe siècles, en particulier chez les officiers mais aussi dans de nombreux corps civils. Après 1870, l'épée est encore portée par tous les sous-officiers et officiers subalternes de troupe. En 1872, l'aigle n'étant plus l'attribut de rigueur, une couronne à l'antique faite de deux branches de chêne et de laurier nouées ensemble est adoptée, attributs plus neutres politiquement. La même année, les artilleurs reçoivent une grenade enflammée qui se substitue à la couronne ou à l'aigle. La lame est sensiblement identique depuis le Premier Empire, quoiqu'un peu allégée, et ne doit pas comporter d'inscriptions sur la manufacture. A double tranchant, elle mesure 80 cm de long. La monture est en laiton. Le clavier de garde est chargé, depuis 1857, d'une grenade en laiton en bas relief, rivée sur le clavier. Le fourreau d'abord en cuir comprimé, devient métallique en 1884, avec un bracelet et un anneau de bélière ; ensuite il est nickelé, puis chromé vers 1910. Une bouterolle à branches égales est brasée sur le bout du fourreau. La monture de l'épée de sous-officier sert de référence. En laiton, elle porte un ornement différent pour chaque arme ou service. La dernière épée réglementaire de l'Armée française est celle du modèle 1887 pour les sous-officiers. Elle se différencie des précédentes par la lame triangulaire isocèle et les arêtes qui ne sont pas tranchantes. La monture devient blanche, en nickel et le clavier de garde reçoit une petite grenade de laiton rivée sur le clavier. Le fourreau est en tôle d'acier nickelé puis chromé. Avec la guerre la Première Guerre mondiale l' l'épée disparaît pour tous les sous-officiers sans distinction. Le musée de l'Artillerie possède dans ses collections une épée de sous-officier d'Artillerie fort particulière, du modèle 1884. Elle a appartenue à un sous-officier de l'artillerie d'Afrique. Cette épée se différencie des précédentes : si la fabrication est réglementaire - en particulier la lame et le fourreau - le clavier de garde est orné d'un motif de fantaisie. En effet, l'artillerie a comme attribut une grenade enflammée. Hors ici, le clavier présente un sautoir de bombardes (deux canons croisés), surmonté d'un croissant et d'une étoile chérifienne, le tout dans une couronne à l'antique de laurier et de chêne. Si le sautoir de bombardes est bien un attribut de l'artillerie depuis le XVIIIe, il n'est pas réglementaire sur une épée. De la même façon, le croissant et l'étoile chérifienne sont les symboles des armées françaises en Afrique du Nord en général – au Maroc en particulier – et constituent à la fois une fantaisie et une réelle acculturation. La couronne à l'antique, seule, rappelle néanmoins le motif réglementaire.


- Militaire - Martial - Personnel - Corporel - Vestimentaire
voir la fiche du musée
Informations
Adresse : voir la fiche du musée

Nom de l'artiste : Klingenthal
Genre : Arme - engin ou objet de chasse ou pêche
Domaine 1 : Militaire - Martial
Domaine 2 : Personnel - Corporel - Vestimentaire
Datation : - / 1884 / 1914
Période : Période contemporaine (1789 à nos jours)
Provenance : AMAD
Dimensions : lame: 81 cm
Matière : Métal
Technique : Arme blanche
Commission FRAM :
N° inventaire : 2007.6
Expositions
Bibliographie exposition :
Catalogue "Le Hussard", additif n°110, La Tour du Pin, 2006.