Acquisitions FRAM
Petit bronze de Kabellion.    [ Objet (autre objet) ]
Face : lion et légende KABE Revers : tête aux cheveux bouclés (Apollon ?). « Cette pièce a été trouvée sur les pentes de la colline Saint-Jacques, sur le versant de Cavaillon, près de la croix du sommet. Un autre exemplaire est connu dans la collection de M. Henri Rolland, le savant qui l'a décrite. Il existe également au Musée de Saint-Germain un fragment de monnaie en argent (une drachme ?), ayant une tête laurée à gauche, et au revers la légende KABE. Ce sont les seuls vestiges du monnayage gallo-grec de Cavaillon. » André Dumoulin. Le musée de Cavaillon, en moins d'un demi-siècle et grâce à son premier conservateur, André Dumoulin, a pu sauver un échantillon assez représentatif des découvertes innombrables faites en matière de numismatique sur la commune, surtout sur la colline, qu'offraient aux amateurs les nouveaux moyens de détection d'objets métalliques après la dernière guerre. La série recueillie est à l'image de l'occupation du relief, c'est-à-dire très sériée dans le premier siècle avant notre ère. On déplorera que les spécialistes ne se soient pas arrêtés sur ces mobiliers, ou surtout, n'aient pas eu accès aux collections privées, pour un site qui illustre a priori de façon remarquable les courants commerciaux, les influences, les échanges qui ont pénétré un oppidum majeur de l'arrière pays méditerranéen. Selon une impression, qui mérite confirmation, peu de potins (monnaies coulées, des lingons ou des productions de Gaule septentrionale) sont attestés, ce qui pourrait démontrer une relation commerciale tournée vers le sud. La place proportionnelle qu'occupe le monnayage marseillais doit être soulignée. Quantitativement, et sous réserve d'une étude statistique plus précise, il est clair que le numéraire massaliète est surabondant (près de 80 % des découvertes), ce qui situe cet oppidum dans la moyenne des sites de hauteurs du pourtour immédiat du comptoir phocéen, et traduit une circulation plus forte que celle observée à Barry (Bollène), plus au nord dans la vallée du Rhône. Cavaillon partage le rare privilège, avec Avignon en pays cavare, ou les Glaniques non loin, d'avoir été centre d'émission de frappes monétaires. Sauf omission de notre part, les quatre types émis ont été identifiés voici plus d'un siècle par A. Blanchet, et n'ont plus été examinés depuis. Il n'est pas sans conséquence historique que cette concentration d'ateliers distincts touche une zone géographique restreinte, alors que le pays salien (Aix, Martigues ou Arles (pour ces périodes anciennes) ne fournissent aucune émission similaire. Nous avons ici la preuve d'un commerce monétarisé, auquel se livraient les Cavares, et qui ont emprunté très tôt à l'étalon marseillais (inspiré des modèles grecs) des frappes personnalisées d'un numéraire copié. Dans cette cité, qui partage avec Nîmes ou Lyon ce privilège, la production de monnaies semble avoir été concédée au début de la romanisation (seconde moitié du Ier siècle avant notre ère) par la puissance dominante. C'est dire l'importance que le pouvoir colonisateur, et sa protection politique, accordaient aux ressources de ce territoire et à son économie.


- Economique - Commercial -
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Informations
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Nom de l'artiste :
Genre : Objet (autre objet)
Domaine 1 : Economique - Commercial
Datation : - / -300 / -100
Période : Antiquité
Provenance : fouille
Dimensions :
Matière :
Technique :
Commission FRAM :
N° inventaire : 390
Expositions
Bibliographie exposition :