Acquisitions FRAM
Lampe de Hanouccah    [ Outil ]
Cette lampe à huile est un objet du culte hébraïque à la destination strictement rituelle, commémorant huit jours par an (du 25 kislèv au 3 tevet soit fin décembre-début janvier) la nouvelle Dédicace conférée au temple de Jérusalem après sa libération en 165 av. J.-C. Elle se compose de plusieurs éléments : un plateau formé d'une plaque de laiton aux bords relevés et angles pincés en forme de bec est assemblé par des pattes rivetées à un dosseret auquel sont attachés par une charnière deux volets latéraux. Retenus dans des mortaises, une série de huit godets en bronze ainsi qu'un godet unique - le shamash ou serviteur qui sert à allumer les mèches - sont implantés dans le dosseret. C'est un objet d'appui - deux crochets sont dissimulés au revers du dosseret qui est brut et comporte des traces de réparation (laiton, cuivre, plomb). Le plateau est destiné à recueillir l'Huile consacrée qui sans cela pourrait être dispersée. Le parti décoratif (dosseret et volets découpés, ciselés) est limité à un espace privilégié circonscrit par les 8 godets qui reçoivent la lumière - un de plus chaque jour, le dosseret et les volets rabattus vers l'avant. Au centre d'un décor végétal découpé dans du laiton règne un cœur travaillé au repoussé, véritable miroir. Il est accosté de deux lions affrontés ; à la base deux serpents la tête couronnée (?) et la langue sortie se font face. Des ciselures variées (points, cannelures, perles, traits) précisent les contours et rehaussent le décor tout en le spécifiant. Ainsi le traitement des lions : leur crinière touffue et leur corps semblent bien individualisés, en revanche leur queue et leur tête sont projetées dans la confusion du décor végétal. Ces lions sont-ils des signes de protection et de glorification du décor végétal/Arbre de vie symbole de la Torah ? Cette iconographie et cette architecture générale sont connues en Hollande au XVIIIe siècle (1). Deux traits créent interrogation : la présence des deux serpents, l'affirmation du cœur au centre de la composition. Faut-il y voir une influence distincte ? Cette lampe, offerte au musée par exécution testamentaire de madame Denise Lévy-Astruc, appartenait à ses grands-parents : Adrien Astruc (1834-1916), uni en 1858 à Zélia Vidal-Naquet (18351911) ; famille dont on connaît dès la fin du XVIIe siècle les liens étroits qu'elle a entretenus une fois établie à Bordeaux avec le Comtat, dont elle était originaire (2). Ainsi la mère de Zélia s'était-elle mariée à la synagogue de Cavaillon. Une étude plus approfondie permettrait sans doute de mieux situer cette lampe si l'on considère d'une part son expression populaire, voire profane (cœur, serpents), domaine où les phénomènes de perduration sont fréquents, et d'autre part les terminus que nous avons posés : identité morphologique et stylistique avec la Hollande au XVIIIe siècle et une existence avérée dans le cours de la  seconde  moitié du XIXe siècle (3). Sylvie GRANGE
(1) S. STEPHEN S. KAYSER, The Jewish Ceremonial Art, Philadelphie, 1959, p. 126-127, num. 132.
(2) Cardozo de BETHENCOURT, Notes historiques et généalogiques sur la Famille Astruc, Paris, Kugelman, 1895, 27 pages.
(3) Nous remercions tout spécialement le rabbin de la synagogue dAvignon et le conservateur du Musée d'art juif de Paris pour leurs aimables renseignements.


- Croyance - Religieux - Autre
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Informations
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Nom de l'artiste :
Genre : Outil
Domaine 1 : Croyance - Religieux
Domaine 2 : Autre
culte hébraïque
Datation : - / 1700 / 1800
Période : Période moderne (1492-1789)
Provenance : don de madame Denise Levy-Astruc
Dimensions : Hauteur 27,5cm; largeur 26,5 cm; épaisseur 9 cm
Matière : Laiton bronze
Technique :
Commission FRAM :
N° inventaire : 85-1-1
Expositions
Bibliographie exposition :