Acquisitions FRAM
Enlèvement d'Europe    [ Ustensile ]
Né à Châtillon-sur-Indre en 1925, Jean Derval suit les cours les cours de l'école des arts appliqués de Paris de 1939 à 1943. Diplômé en 1943 de cette école, il travaille ensuite à Saint-Amand-en-Puisaye avec Pierre Picaglio de 1945 à 1947. Il découvre la céramique tout en multipliant les expériences : publicité, modelage, création d'affiches, modèles pour Christofle. En 1947, il s'installe à Vallauris où il retrouve ses amis de l'école de la rue Dupetit-Thouars : Roger Capron et Robert Picault. Il collabore un temps avec eux puis rentre comme décorateur chez Madoura au moment où l'atelier travaille activement aux éditions de Picasso. En 1951, il décide de créer son propre atelier. L'artiste façonne alors d'impressionnantes pièces uniques. Dans ces œuvres, l'artiste privilégie les décors figuratifs (chute d'Icare par exemple) qui ne sont pas sans lien avec l'expérience du graphiste ou son regard sur la peinture. Très vite, Derval connaît un grand succès et, dans les années cinquante, les Américains achètent une grande partie de cette production. Dès cette période, Derval possède un sens architectural certain qui très vite le conduit à créer des pièces en trois dimensions (vase avec fleur, Diane, femme à l'écuelle, Saint-Georges, Eve…). Il réalise là une synthèse sculpture/peinture particulièrement intéressante qui n'est pas sans rappeler, le décor en plus, l'œuvre céramique de Paul Beyer ou, dans un registre très différent, le goût constructeur d'un Fernand Léger. Si Jean Derval a réalisé beaucoup de pièces de forme, la céramique murale convenait également à son talent de graphiste. Parallèlement à de nombreux bas-reliefs où des formes en relief surgissent du mur, Derval va également réaliser de monumentales fontaines et sculptures. Il participera également en 1958 avec Capron au décor de l'Hôtel Byblos de Saint-Tropez. Il s'intéresse alors au grès qui, à Vallauris, n'intéresse que de rares artistes, Alexandre Kostanda par exemple. La céramique murale de l'aéroport de Saint-Denis de la Réunion sera une autre de ses grandes réalisations. De nombreuses expositions et récompenses ont très vite couronné ses recherches : en 1955, grand prix de l'Académie internationale de la céramique à Cannes, en 1958 médaille d'or à l'Exposition universelle de Bruxelles, en 1984, médaille d'or à la Biennale internationale de céramique d'art de Vallauris, Jean Derval a participé à presque toutes les biennales de céramiques de Vallauris. Il a été primé notamment en 1966 et 1984 ainsi qu'en 1986, prix de la Chambre Syndicale des céramiques d'art. Aujourd'hui Jean Derval, toujours installé dans l'atelier du Portail, continue une œuvre monumentale et reçoit d'importantes commandes comme des décors à Sophia-Antipolis en 1987 et 1994. Il participe de même à de nombreuses expositions de groupe comme celle organisée en 1995 en Italie sur le thème du vase. Toujours actif à Vallauris, deux expositions ont rendu hommage au talent de Jean Derval, celle du Musée national de céramique de Sèvres, en 2004 puis, en 2005, « Jean Derval, Architecte » à Vallauris.


- Artistique - Autre
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Informations
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Nom de l'artiste : DERVAL Jean
Genre : Ustensile
Domaine 1 : Artistique
Domaine 2 : Autre
Arts décoratifs
Datation : 2005 / - / -
Période : Période contemporaine (1789 à nos jours)
Provenance : achat à l'artiste
Dimensions : Hauteur : 57 cm ;L argeur: 43 cm; Profondeur : 22 cm
Matière : Céramique émaillée
Technique :
Commission FRAM : 2006
N° inventaire :
Expositions
Bibliographie exposition :
L'Age d'or de Vallauris, Anne Lajoix, Les Editions de l'Amateur, 1995 Vallauris 18 céramistes, Musée Magnelli, Musée de la Céramique, 1996 Jean Derval, un Elu de la Céramique, Réunion des Musées Nationaux, 2004 Une grande partie de l'œuvre de Jean Derval reflète l'évidente influence de la mythologie grecque. Celle-ci proviendrait selon lui tantôt d'une sorte d'imprégnation du milieu méditerranéen dans lequel il vit, tantôt d'un emprunt à Picasso, lui-même fort inspiré par certains thèmes de l'Antiquité classique. Quelle qu'en soit l'origine, cependant, cette forte présence du sacré antique constitue un curieux contrepoids à sa sensibilité chrétienne. Les thèmes mythologiques sont présents dès le début de sa production par exemple, sur le vase à fond rouge du musée de Vallauris, qu'il réalise vers 1955. Un des sujets fétiches de Jean Derval est l'enlèvement d'Europe qu'il aurait décliné, selon lui, plus d'une vingtaine de fois. La source d'inspiration provient de ses années au Byblos dont l'emblème est l'illustration de cet antique mythe tyrien. Le logo de l'hôtel est toujours, d'ailleurs, une Europe de Jean Derval. Cette première source d'inspiration fut encore ravivée par la chute effective des frontières entre les pays européens, en 1993, et l'adoption de la monnaie commune, six ans plus tard. Extrait du texte de Pierre Ennès, conservateur en chef du patrimoine, chargé de mission auprès du Musée national de céramique à Sèvres, Jean Derval, un élu de la céramique, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2004.