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Marseille, le Vieux-Port    [ Récipient - contenant ]
La brève existence du pont transbordeur de Marseille aura suscité un intérêt auprès des photographes qui semble inversement proportionnel à celui qui fut éprouvé par les peintres à son égard. En dehors de Marquet et de Kokoschka, rares furent ceux, parmi ces derniers, qui prirent en compte la réalité plastique de ce haut portique de métal élevé en 1905 par Ferdinand Arnodin et détruit en 1944-45. Cet engouement trouve selon toute vraisemblance son origine dans un premier article publié par l'historien suisse de l'architecture Siegfried Giedion dans la revue Der Cicerone en 1927, article qui a pour objet la situation de l'architecture française et qui est illustré par une série de photographies du pont transbordeur prises par Siegfried Giedion lui-même au moment de son séjour à Marseille quelques mois auparavant. Une de ces photographies est reproduite l'année suivante en couverture de l'ouvrage du même auteur, Bauen in Frankreich, Bauen in Eisen, Bauen in Eisenbeton, dans lequel est envisagée l'importance de certaines grandes constructions de la fin du XIXe et du début du XXe siècle comme étant annonciatrice des programmes théoriques architecturaux définis par l'avant-garde des années vingt. Les séjours de photographes dans la cité marseillaise vont dès lors se multiplier, témoignant de l'attraction grandissante exercée auprès des jeunes artistes - pour la plupart anciens élèves du Bauhaus - par le monumental édifice métallique. En 1928, peu avant son installation à Berlin, un jeune enseignant du Bauhaus, Herbert Bayer, effectue un voyage en vélo qui le conduit dans le sud de la France. Il y réalise de nombreuses photographies - du pont transbordeur notamment - qui seront présentées dans le cadre de l'exposition "Film und Foto", organisée au Werkbund de Stuttgart en 1929. Christian Zervos avait été chargé de la sélection française de cette exposition, qui regroupait entre autres Germaine Krull, Eli Lotar, Man Ray, Ergy Landau, René Zuber et Florence Henri. Pendant l'été 1929, Lazslo Moholy-Nagy, qui vient de quitter le Bauhaus à la suite de la démission de Walter Gropius, entreprend un voyage à Marseille qui lui donne enfin l'occasion de se confronter physiquement à l'architecture du déjà mythique pont transbordeur, lequel est à présent considéré comme un symbole par les tenants de la "vision nouvelle" et de la "nouvelle beauté", où doivent se trouver réconciliés la technique et la connaissance, l'art et la vie. Moholy-Nagy réalise notamment à Marseille son tout premier film, entièrement consacré au Vieux-Port, où alternent les plans de grands boulevards et de ruelles obscures, où l'élégance aérienne du pont fait écho à la misère des marginaux de la ville. De nombreux autres photographes ne tardent pas à se rendre également à Marseille - parmi lesquels Marcel Bovis, René Zuber, Florence Henri, Germaine Krull, Ergy Landau, André Papillon, Roger Parry -, photographiant le pont et la ville depuis le pont, réalisant de captivantes images où se cristallise l'absolue nouveauté d'un regard nourri des plus audacieuses recherches plastiques de l'entre-deux-guerres. Olivier COUSINOU


- Artistique - Autre
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Informations
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Nom de l'artiste : ZUBER René
Genre : Récipient - contenant
Domaine 1 : Artistique
Domaine 2 : Autre
Paysage urbain
Datation : 1931 / - / -
Période : Période contemporaine (1789 à nos jours)
Provenance : Collection de Gilles de La Tronchette, Paris. Collection de Gilles de La Tronchette, Paris
Dimensions :
Matière :
Technique : Photographie noir et blanc
Commission FRAM : 1991
N° inventaire : C.91.38
Expositions
Bibliographie exposition :