Collections
Peintures murales    [ Photographie ]
Pour investir réellement son objet, le musée d'identité d'une ville doit porter son intérêt bien au-delà des limites strictes du lieu privilégié où sont enfermés les objets élus, qui ont pris rang de collection. La conservation départementale des musées et du patrimoine de Cavaillon s'attache donc à une collecte le plus systématique possible des faits, témoignages, fragments les plus divers de patrimoine, qui, un jour, concourront chacun à une intelligence globale de cette cité. En cela, nous ne faisons que poursuivre l'action jadis engagée par les fondateurs des musées, Michel (1852-1924), Auguste (1854-1936) et Marie-Thérèse Jouve (1860-1938). Afin d'inscrire dans un cadre raisonné les découvertes fortuites qui jalonnent un urbanisme en perpétuelle évolution, la conservation a initié et contribué à financer, sur un budget municipal, une démarche de pré-Inventaire systématique (Inventaire général de Provence-Alpes-Côte d'Azur) de plus d'une vingtaine de volumes qui actualisent les données léguées par la famille Jouve. Aux découvertes ponctuelles se juxtaposent parfois des ensembles remarquables, telle la série de caissons en plâtre (entrevous) sauvée lors de la malencontreuse démolition d'une maison médiévale, toute proche de la cathédrale. Ces décors de la fin du XVe ou du XVIe siècle ont été exposés lors de la célébration de l'année de l'archéologie en 1989. Dans un hôtel datant de la même époque, des décors peints à la fresque ont été mis au jour, certains datant probablement de l'aménagement d'origine, d'autres d'un ré-aménagement au XVIIe siècle. Leur conservation in situ posait problème : déjà altérés par le passage de réseaux électriques, ils ne pouvaient être repérés dans leur ensemble. Seule une dépose pouvait permettre à la fois une véritable reconnaissance du décor – qui sans cela n'aurait pas été révélé – une conservation définitive et une possible mise en valeur auprès du public. Ainsi, l'opinion commune, si difficile à sensibiliser sur ces questions, aurait-elle, pour une seconde fois après les entrevous, un exemple incontestable et remarquable, de l'existence avérée d'un patrimoine de qualité dans une ville, Cavaillon, qui se croit toujours sans mémoire, sans histoire et sans témoignage de son passé. Cette pédagogie de la monstration a été pour beaucoup dans la mise en œuvre de cette opération. Deux séries ont été déposées : - une travée complète du décor le plus ancien (XVIe siècle), situé au troisième niveau, à proximité de l'escalier en vis qui distribue la demeure : il comprend quatre registres juxtaposés, formés d'une plinthe, d'une séquence de carrés juxtaposés sur trois rangées, reliés par les diagonales, puis d'arcatures en plein cintre, reposant sur des piédroits traités en forme de pilastres, couronnés d'imposte. Une frise régnait sur l'ensemble. D'après les services de l'Inventaire, il n'existe à ce jour aucun décor domestique comparable en Provence-Alpes-Côte d'Azur. - deux séquences correspondant à une réfection de la demeure, situées au deuxième niveau : tout un pan de mur de part et d'autre d'une ouverture centrale, qui comprend lui aussi quatre registres juxtaposés : une plinthe surmontée d'un motif en imitation de cuir de Cordoue, composé de bandes verticales alternativement ocre et grenat et, un tableau différent de part et d'autre de la fenêtre représentant des paysages l'un plutôt agreste, l'autre plutôt urbain, une frise ornée de rinceaux couronne le tout. Sans renvoyer à une représentation réaliste du site de Cavaillon, les séries figurées appartiennent à une inspiration de qualité. Ces fresques pourraient être replacées dans la section du musée Jouve qui, comme le ferait un centre d'interprétation, se veut une invitation à la lecture de l'espace urbain de Cavaillon. Elles sont - pour partie - d'ores et déjà exposées au musée de l'Hôtel-Dieu. Sylvie GRANGE


- Artistique -
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Informations
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Nom de l'artiste :
Genre : Photographie
Domaine 1 : Artistique
Datation : - / 1500 / 1700
Période : Période moderne (1492-1789)
Provenance : Chantier de réhabilitation urbaine
Dimensions : 3,65 x 1,70 x 0,15 m (maximum)
Matière : Détrempe à la colle sur enduit
Technique : Peinture à la détrempe
Commission FRAM : 1992
N° inventaire : MJ 92.106.1 à 6
Expositions
Bibliographie exposition :