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Ossuaire juif    [ Sculpture ]
Les quatre Saintes Communautés du Comtat Venaissin - Avignon, Carpentras, l'Isle-de-Venisse devenue plus tard l'Isle-sur-Sorgue et Cavaillon – par l'émancipation juridique qu'apportera la République à tous les citoyens de la nation française, connaîtront des destinées différentes. A l'Isle, le quartier dans son entier disparaîtra au fil des aménagements du XIXe siècle, seule la synagogue sera préservée à Carpentras, celle d'Avignon brûlera. Un seul ensemble urbain va subsister, c'est aussi celui qui, depuis la fin du XVe siècle, est le plus anciennement attesté, Cavaillon. Prenant le relais du Comité de Sauvegarde des Synagogues Comtadines, la famille Jouve, plus tard fondatrice des musées, est elle-même propriétaire d'une partie de l'ancienne Carrière ou ghetto et veille à la préservation de la synagogue. Lorsqu'on en refait la toiture en 1929, les travaux révèlent la présence à cet endroit du cimetière des Livres, la guéniza. La vigilance de Marie-Thérèse Jouve sauve le fonds de la dispersion. Après la deuxième guerre mondiale, peu après la dévolution de la synagogue à la ville de Cavaillon, la municipalité décide en 1963 de créer un musée tandis qu'Armand Lunel s'attache alors à fixer par écrit une tradition dite judéo-comtadine dont les vestiges sont rarissimes. Dans ce contexte, le site de Cavaillon peut engendrer bien plus qu'un musée, entendu au sens le plus étroit d'une collection d'objets. Il s'agit de donner à voir, interpréter - au sens des centres d'interprétation anglo-saxons - un îlot du centre ancien conservé en tant que tel comme un lieu de mémoire, un musée de site des XVIIIe-XIXe siècles. Le fonds d'archives et de livres est toujours dans l'état qui avait présidé à son installation, les collections textiles ont été restaurées et sont conservées en réserves, le musée actuel ne présentant pas les normes satisfaisantes d'exposition. Des témoignages écrits stabilisés au climat de la boulangerie, des tirages photographiques contemporain des vues de la fin du XIXe siècle ou de la campagne de restauration permettent d'assurer le maintien d'un contact avec notre public. Dans ce souci de préservation de l'avenir, toutes les opportunités d'acquisition ont été saisies : en 1990 un manuscrit de la famille Monteux d'Avignon en français et en hébreu de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, en 1994 un manuscrit de prières du rite de l'Isle-de-Venisse de 1696, appartenant à la sphère, si restreinte quantitativement, de la culture juive comtadine. Dans un souci d'approche comparative, nous avions procédé en 1992 à l'achat d'une toile peinte représentant un intérieur de synagogue dans les Etats du Pape, école italienne du XVIIe siècle, version la plus proche des synagogues du Comtat. L'acquisition de l'ossuaire en calcaire de Jérusalem participe de cette même logique. Il appartient à une tradition qui voulait que les juifs de la Diaspora envoient, après réduction des corps, les restes de leurs défunts à Jérusalem. Ce lien privilégié avec la terre d'Israël est présent chez toutes les communautés juives, renforcé par le fait même d'un sort lié à la dispersion. Illustration du même principe, les troncs qu'on honorait d'aumônes avant de rentrer dans la synagogue de Cavaillon, attestant d'une solidarité réelle avec certaines communautés en Israël. L'ossuaire est contemporain d'une lampe juive du Ier siècle, provenant de la commune d'Orgon, riveraine côté Bouches-du-Rhône, qui appartient à nos collections et illustre déjà cet ancrage mythique ou avéré - mais en tout cas vivace dans les mentalités de ces communautés jusqu'à la fin du XVIIIe siècle - d'une filiation directe des juifs comtadins avec ceux qui furent jadis chassés du Temple, composante essentielle du judaïsme provençal. Cet objet illustre en outre l'attachement qu'il y a pour tout croyant à résider, pour ultime demeure, dans la terre d'Israël. Sylvie GRANGE


- Croyance - Religieux -
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Informations
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Nom de l'artiste :
Genre : Sculpture
Domaine 1 : Croyance - Religieux
Datation : - / -100 / 100
Période : Antiquité
Provenance : Galerie Etoile d'Ishtar
Dimensions : 0,65 x 0,385 x 0,25 m
Matière : Calcaire taillé et sculpté
Technique :
Commission FRAM : 1996
N° inventaire : MJC 96.1.001.1 et 2
Expositions
Bibliographie exposition :