Action pédagogique
Le musée à l'hôpital
[ 2005-06-02 ]
Objectif : porter l'offre culturelle et l'ouverture au musée auprès de personnes qui ne peuvent pas les visiter. Permettre l'accès à la culture, inviter au débat et à la découverte à partir des collections des musées.

Depuis 1998, le Musée International de la Parfumerie est présent à l'Hôpital de Grasse auprès des enfants.
Durant l'année 2002, des ateliers expérimentaux ont été lancés à la maison de retraite du Petit Paris, centre médicalisé spécialisé pour les longs séjours.
Le musée n'a pas pour ambition de les soigner, de les «sauver». Là n'est pas son rôle, des professionnels agissent déjà auprès d'eux. L'objectif est d'entretenir les liens entre le monde d'hier et d'aujourd'hui en interrogeant le sens et en stimulant les sens. La médiation culturelle au sein de ces structures spécialisées est vitale.
Ces ateliers ne visent donc pas l'immédiateté mais s'inscrivent dans une durée. Calendrier des interventions : toute l'année, une demi-journée une fois par semaine.


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Informations pratiques
Public :
Publics spécifiques
Nombre de participants maximum : 10


Déroulement :
Pour les enfants le passage par l'hôpital n'est jamais un moment agréable. Alors quand le musée s'invite à l'hôpital, c'est un moment de décompression qui leur est offert. La présence de l'intervenante permet une découverte et un apprentissage ludique autour des collections, des épices, de la confection d'eau de toilette et de bain moussant. Au cours des rencontres il est apparu que dans le domaine de la santé le sens olfactif était malmené et que les ateliers ludiques autour des senteurs procurent aux jeunes patients un bien être nécessaire et entretiennent un lien avec la famille, l'extérieur. A l'hôpital ces odeurs de plantes, de nature, de ville ou de campagne suscitent des émotions, raniment des souvenirs et finalement les amènent à se sentir autre que simple malade. La présence du Musée International de la Parfumerie à l'hôpital offre aux enfants, mais aussi aux adultes qui les encadrent, un moyen d'ouvrir les yeux et les narines. Chaque jeudi après midi on parle d'autre chose que de la maladie ou de l'intervention chirurgicale. On joue, compose, invente des mélanges fruités, gourmands ou frais… Pour les plus grands, l'apport de cette dimension olfactive dans la relation à l'enfant est en effet un plus dans la nécessaire communication qu'ils ont à entretenir avec eux. Pour les enfants, c'est un plus émotionnel qui leur permet de nouer ou renouer les liens rompus temporairement avec la vie quotidienne. La présence d'une personne du musée donne ainsi l'occasion à chacun de sortir du rapport soignant/soigné et de continuer le processus de socialisation en cours, les échanges sont d'autant plus vifs et forts avec les adolescents en souffrance. Ils apprécient les odeurs, apprennent à les sentir et à en parler et au delà même acquièrent des règles de sécurité alimentaire : il s'agit en participant aux ateliers, en fabriquant leur eau de toilette, leur gel douche ou leur crème parfumée de distinguer les produits alimentaires de ceux non-alimentaires aux odeurs alléchantes. Autrement dit, faire la différence entre une glace à la vanille et un gel douche à la vanille, à la fraise ou à la pomme… S'en suit la petite histoire, forcement liée à la grande, sur l'origine des arômes ou en particulier de l'arrivée de la vanille en Europe. Ces ateliers restent et demeurent incontournables, ils offrent au-delà du voyage historique un moment d'évasion mais pas d'oubli et poussent les jeunes à renouer avec leur corps, avec eux-mêmes et donc avec la vie.


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