{"id":4414,"date":"2022-03-02T09:32:25","date_gmt":"2022-03-02T08:32:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.musees-mediterranee.org\/?p=4414"},"modified":"2022-03-08T09:57:11","modified_gmt":"2022-03-08T08:57:11","slug":"le-travail-de-lethnologue-dans-la-patrimonialisation-des-fetes-entre-enquete-et-mediation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.musees-mediterranee.org\/index.php\/2022\/03\/02\/le-travail-de-lethnologue-dans-la-patrimonialisation-des-fetes-entre-enquete-et-mediation\/","title":{"rendered":"Le travail de l\u2019ethnologue dans la patrimonialisation des f\u00eates : entre enqu\u00eate et m\u00e9diation"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"4414\" class=\"elementor elementor-4414\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-a768da4 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default exad-glass-effect-no exad-sticky-section-no\" data-id=\"a768da4\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-3e1c76c exad-glass-effect-no exad-sticky-section-no\" data-id=\"3e1c76c\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-63eea4e exad-sticky-section-no exad-glass-effect-no elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"63eea4e\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>L\u2019ethnologie du patrimoine qui se d\u00e9veloppe aujourd\u2019hui ne proc\u00e8de pas tout \u00e0 fait de la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019ethnologie classique. La diff\u00e9rence entre ces deux types d\u2019ethnologie est surtout une diff\u00e9rence de positionnement. Si l\u2019ethnologie classique portait habituellement sur son objet un \u00ab regard \u00e9loign\u00e9 \u00bb, l\u2019ethnologie du patrimoine doit faire siennes les techniques de la m\u00e9diation. En effet, elle travaille beaucoup plus \u00ab aux c\u00f4t\u00e9s \u00bb de son objet, dans une perspective dialogique. Il s\u2019agit d\u2019une ethnologie \u00ab impliqu\u00e9e \u00bb, qui participe aux politiques de valorisation patrimoniale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. L\u2019exemple d\u2019une \u00e9tude d\u2019impact r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la suite de la labellisation des f\u00eates de la Tarasque comme patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019UNESCO permet ici de revenir sur quelques sp\u00e9cificit\u00e9s de la d\u00e9marche ethnologique.<\/p><p><strong>1. La d\u00e9marche de l\u2019ethnologie classique<\/strong><\/p><p>L\u2019ethnologie classique s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e aux f\u00eates r\u00e9gionales d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle, souvent \u00e0 la suite des premiers travaux des folkloristes qui \u00e9tudiaient les soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles de l\u2019Europe. En Provence, le Museon Arlaten fond\u00e9 en 1896 par Fr\u00e9d\u00e9ric Mistral porte t\u00e9moignage de cet int\u00e9r\u00eat ancien. Mistral \u00e9tait familier des m\u00e9thodes de l\u2019ethnologie (S\u00e9r\u00e9na-Allier, 2016). Il les appliqua \u00e0 la sauvegarde des us, coutumes et traditions proven\u00e7ales. La mus\u00e9ographie lui permit de documenter, par la constitution de collections ethnographiques, la culture proven\u00e7ale qu\u2019il souhaitait sauvegarder.<\/p><p>Pourtant dans le contexte du XIXe si\u00e8cle, il existait une division du travail entre l\u2019ethnologue, charg\u00e9 de collecter les donn\u00e9es sur le terrain, par l\u2019enqu\u00eate, et les conservateurs de mus\u00e9es, sp\u00e9cialistes des objets collect\u00e9s et de la culture mat\u00e9rielle qui travaillaient dans les mus\u00e9es. Cette division des t\u00e2ches s\u2019est progressivement estomp\u00e9e, dans le contexte de l\u2019ethnologie de la France, avec le projet du Mus\u00e9e national des Arts et Traditions populaires con\u00e7u par son fondateur Georges Henri Rivi\u00e8re comme un \u00ab mus\u00e9e-laboratoire \u00bb (Segalen, 2005). En Provence, ce mus\u00e9e a initi\u00e9 divers travaux de recherche et de collecte \u00e0 partir de 1936, documentant entre autres les f\u00eates r\u00e9gionales traditionnelles.<\/p><p>Dans la perspective classique, les enqu\u00eates ethnologiques permettent de porter un diagnostic distanci\u00e9 sur la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. Pour le territoire du Pays d\u2019Arles qui nous int\u00e9resse, il faut mentionner par exemple le travail de J.-N. Pelen (1985) sur \u00ab les sentiments d\u2019appartenance \u00bb. Les enqu\u00eates conduisent \u00e0 d\u00e9finir des conceptions sp\u00e9cifiques de l\u2019identit\u00e9, du lien social. Dans notre propre travail, nous avons abord\u00e9 la patrimonialisation des f\u00eates locales comme un sympt\u00f4me de la transformation des liens au territoire. Nous avons pu montrer que certaines f\u00eates se revendiquaient de la \u00ab maintenance des traditions \u00bb tandis que d\u2019autres, de fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente, se r\u00e9clamaient de la \u00ab valorisation du patrimoine \u00bb (Fournier, 2005). Ainsi, l\u2019ethnologie peut se servir du patrimoine pour \u00e9clairer des processus socioculturels plus g\u00e9n\u00e9raux, comme la recomposition des identit\u00e9s locales. Le patrimoine, \u00e0 ce titre, est un indicateur qui t\u00e9moigne de la volont\u00e9 des populations de ne pas oublier leur pass\u00e9, voire de le faire revivre \u00e0 travers certains \u00e9v\u00e9nements festifs.<\/p><p><strong>2. L\u2019ethnologie, entre mus\u00e9es et patrimoine<\/strong><\/p><p>Pour l\u2019ethnologie classique, le mus\u00e9e est un dispositif qui fait partie de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e. Les acteurs du mus\u00e9e peuvent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab indig\u00e8nes \u00bb parmi d\u2019autres. Mais les choses se compliquent \u00e0 partir du moment o\u00f9 les mus\u00e9es s\u2019associent des ethnologues pour porter un regard de type ethnologique sur les soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019ils documentent. En Provence, le Mus\u00e9e national des Arts et Traditions populaires a jou\u00e9 ce r\u00f4le \u00e0 plusieurs reprises : enqu\u00eates de Georges Henri Rivi\u00e8re \u00e0 Barbentane en 1938, de Louis Dumont \u00e0 Tarascon en 1946, action de Fernand Benoit au Museon Arlaten, puis, plus pr\u00e8s de nous, recherches d\u2019\u00c9velyne Duret (1993) ou de Marie-France Gueusquin (2000) sur les f\u00eates et les rites en Provence. Ces travaux, tout en se r\u00e9clamant de l\u2019ethnologie, ont \u00e9t\u00e9 construits en \u00e9troite relation avec le monde des mus\u00e9es, souvent en pr\u00e9figuration d\u2019expositions qui ont eu des retomb\u00e9es dans le grand public. Au-del\u00e0 de leurs sp\u00e9cialisations respectives, ethnologues et conservateurs sont d\u00e8s lors devenus partenaires dans la valorisation du patrimoine.<\/p><p>La notion de patrimoine culturel immat\u00e9riel, promue par l\u2019UNESCO depuis 2003, ajoute encore une couche de complexit\u00e9 \u00e0 cette situation, puisqu\u2019elle pr\u00e9voit une participation de la \u00ab communaut\u00e9 \u00bb aux actions de sauvegarde et de valorisation du patrimoine. D\u00e8s lors, les mus\u00e9es sont naturellement appel\u00e9s \u00e0 devenir des porte-parole de la communaut\u00e9. Le dialogue entre ethnologues et conservateurs devient une conversation \u00e0 plusieurs voix, int\u00e9grant divers acteurs de la communaut\u00e9 : d\u00e9cideurs politiques, leaders d\u2019opinion, militants associatifs, artistes, etc.<\/p><p>\u00c0 partir de l\u00e0, l\u2019ethnologue ne peut plus se satisfaire de la posture que nous avons d\u00e9finie comme \u00ab classique \u00bb. Int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 son terrain d\u2019enqu\u00eate, l\u2019ethnologue occupe une place \u00e9volutive qu\u2019il construit progressivement \u00e0 travers les interactions qu\u2019il a avec les diff\u00e9rents acteurs du terrain. Dans la logique actuelle de l\u2019ethnologie du patrimoine, il n\u2019est pas seulement enqu\u00eateur, mais aussi m\u00e9diateur entre les diff\u00e9rentes personnes qu\u2019il rencontre. C\u2019est ainsi que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 depuis 2010 une approche dite \u00ab participative \u00bb qui consiste non seulement \u00e0 enqu\u00eater, mais aussi \u00e0 restituer au public les r\u00e9sultats des enqu\u00eates, \u00e0 r\u00e9clamer des commentaires au sujet de ces r\u00e9sultats, et enfin \u00e0 analyser le contenus des commentaires ainsi rassembl\u00e9s (voir <a href=\"https:\/\/pci.hypotheses.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/pci.hypotheses.org<\/a>). \u00c0 ce compte, l\u2019ethnologie est de plus en plus une \u00ab co-construction \u00bb qui implique les chercheurs, les acteurs culturels du territoire enqu\u00eat\u00e9, et l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 concern\u00e9e.<\/p><p>Dans ces conditions, les op\u00e9rations de mise en patrimoine apparaissent comme une opportunit\u00e9 int\u00e9ressante pour la recherche ethnologique. L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019inventaire du patrimoine peut \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 quatre niveaux d\u2019analyse diff\u00e9rents : l\u2019inventaire est \u00e0 la fois une possibilit\u00e9 de collecter des mat\u00e9riaux nouveaux, un outil pour comprendre le positionnement des acteurs et des communaut\u00e9s au sujet de leurs propres pratiques, un moyen d\u2019\u00e9tudier les modalit\u00e9s de l\u2019action patrimoniale sur le terrain et la clef d\u2019une exp\u00e9rience r\u00e9flexive pour l\u2019anthropologue (Fournier, 2017).<\/p><p><strong>3. La r\u00e9flexivit\u00e9 sur le terrain festif<\/strong><\/p><p>Dans la pratique de l\u2019ethnologie aujourd\u2019hui, la r\u00e9flexivit\u00e9 ne doit pas \u00eatre confondue avec une introspection ni avec un regard narcissique que le chercheur porterait sur sa propre posture. La r\u00e9flexivit\u00e9 consiste plut\u00f4t \u00e0 clarifier les relations que le chercheur \u00e9tablit avec les diff\u00e9rents acteurs rencontr\u00e9s sur le terrain, y compris les acteurs du patrimoine. Cela explique que l\u2019enqu\u00eate ethnographique centr\u00e9e sur le patrimoine doit comprendre une partie qui rel\u00e8ve de la m\u00e9diation, entendue ici comme capacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer les points de vue multiples des acteurs du terrain.<\/p><p>Cette perspective est tr\u00e8s concr\u00e8te. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter certains probl\u00e8mes a posteriori, probl\u00e8mes qui surviennent r\u00e9guli\u00e8rement lorsque l\u2019ethnologue est trop distant ou trop critique vis-\u00e0-vis des acteurs du terrain, en particulier lorsque ses analyses contredisent certaines conceptions locales de la culture. Bien s\u00fbr, l\u2019ethnologue doit parfois mettre \u00e0 jour des impens\u00e9s, mais son compte-rendu d\u2019enqu\u00eate doit normalement pouvoir \u00eatre partag\u00e9 par les enqu\u00eat\u00e9s. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une question d\u2019\u00e9thique professionnelle. Or il a pu arriver que les enqu\u00eat\u00e9s s\u2019estiment \u00ab trahis \u00bb par l\u2019ethnologue qui r\u00e9v\u00e8le leur intimit\u00e9 ou certains de leurs secrets. La difficult\u00e9 consiste \u00e0 rendre compte d\u2019une situation de mani\u00e8re impartiale, tout en indiquant les probl\u00e8mes qui existent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. C\u2019est ainsi que nous avons pu, \u00e0 propos des f\u00eates de la Tarasque de Tarascon, critiquer certaines transformations r\u00e9centes des rites tout en respectant les choix faits par la communaut\u00e9 locale (Fournier, 2011).<\/p><p>En mati\u00e8re de patrimonialisation des f\u00eates locales, les techniques de m\u00e9diation s\u2019ajoutent aux techniques d\u2019enqu\u00eate classique. Concernant les techniques classiques, celle de la saturation est d\u2019une grande importance ; elle consiste \u00e0 ne produire un discours analytique qu\u2019une fois r\u00e9alis\u00e9 un nombre suffisant d\u2019entretiens. Ce nombre est estim\u00e9 atteint lorsque l\u2019enqu\u00eateur commence \u00e0 trouver des informations redondantes et des redites dans les discours de ses diff\u00e9rents interlocuteurs. Une autre technique consiste \u00e0 corroborer les r\u00e9sultats obtenus par les m\u00e9thodes qualitatives (entretiens, observation participante) avec des outils quantitatifs (questionnaires). La passation des questionnaires est en soi un temps important de m\u00e9diation, durant lequel tous les sond\u00e9s forment communaut\u00e9 et s\u2019approprient l\u2019enqu\u00eate en cours.<\/p><p>Concernant les techniques de m\u00e9diation, elles visent \u00e0 int\u00e9grer la diversit\u00e9 des points de vue existants. Il s\u2019agit de sortir de la simple confrontation entre enqu\u00eateur et enqu\u00eat\u00e9, pour \u00e9tablir des points de convergence entre eux. Le cadre conceptuel du patrimoine culturel immat\u00e9riel facilite cette op\u00e9ration, en indiquant les valeurs communes vers lesquelles doit tendre l\u2019op\u00e9ration de patrimonialisation. La \u00ab fiche d\u2019inventaire \u00bb qui est au centre du processus, indique des rubriques qui sont autant de points de convergence possibles : identification de la communaut\u00e9, localisation, description d\u00e9taill\u00e9e des pratiques, objets mat\u00e9riels utilis\u00e9s, modes d\u2019apprentissage et de transmission, \u00e9volutions et adaptations historiques, actions de valorisation d\u00e9j\u00e0 entreprises, r\u00e9cits li\u00e9s \u00e0 la pratique, bibliographie, tous ces \u00e9l\u00e9ments construisent une grille d\u2019interpr\u00e9tation autour de laquelle se retrouvent chercheurs et acteurs.<\/p><p>\u00c0 un autre niveau, la mise en \u0153uvre de la m\u00e9diation en mati\u00e8re de patrimonialisation des f\u00eates, est aussi une affaire de bon sens. Il s\u2019agit, plut\u00f4t que de se cantonner dans le r\u00f4le de l\u2019ethnologue distant, d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute, de manifester son empathie, et de s\u2019assurer de quelques alliances fortes. Dans un autre contexte, \u00e0 Bali, Geertz (1973) a expliqu\u00e9 comment il s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 \u00ab soud\u00e9 \u00bb avec ses enqu\u00eat\u00e9s en \u00e9chappant \u00e0 une descente de police alors qu\u2019il assistait \u00e0 un combat de coqs interdit par la loi. Dans notre cas, nous avons pu profiter \u00e0 maintes reprises du d\u00e9calage existant entre le \u00ab texte \u00bb officiel des f\u00eates, donn\u00e9 par les programmes officiels, et le \u00ab sous-texte \u00bb qui est celui du partage convivial de l\u2019exp\u00e9rience festive locale. Nous n\u2019aurions jamais pu comprendre la situation sp\u00e9cifique des f\u00eates de la Tarasque, ainsi, si nous n\u2019\u00e9tions pas rest\u00e9s, tard dans la nuit, dans les bod\u00e9gas o\u00f9 se retrouvaient les acteurs-clefs de la f\u00eate. Le programme affich\u00e9, celui qui pourra \u00eatre conserv\u00e9 au mus\u00e9e, ne dit que peu de choses de la f\u00eate r\u00e9elle, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de documenter aussi les f\u00eates par des enregistrements audiovisuels qui expriment mieux le v\u00e9cu festif. De m\u00eame, dans nos enqu\u00eates, il a fallu souvent arriver \u00e0 d\u00e9passer les relations statutaires, afin de ne pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 uniquement comme un universitaire ext\u00e9rieur \u00e0 la communaut\u00e9. La fr\u00e9quentation longue des lieux est n\u00e9cessaire pour cela. Elle permet de nouer des relations plus fortes entre chercheurs, agents du patrimoine, et repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9.<\/p><p>En conclusion, le travail de l\u2019ethnologue dans la patrimonialisation des f\u00eates ne se limite pas \u00e0 l\u2019enqu\u00eate, ni m\u00eame \u00e0 un travail de collecte mus\u00e9ographique r\u00e9alis\u00e9 en partenariat avec les conservateurs. La cat\u00e9gorie du patrimoine culturel immat\u00e9riel fait appara\u00eetre des enjeux de m\u00e9diation nouveaux. Ethnologues et conservateurs sont amen\u00e9s \u00e0 se saisir de ces enjeux pour renouveler leurs pratiques et imaginer des dispositifs participatifs qui int\u00e8grent les communaut\u00e9s et les \u00ab porteurs de traditions \u00bb. L\u2019animation du collectif devient d\u00e8s lors aussi importante que la conservation des collections.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-7866ba6 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default exad-glass-effect-no exad-sticky-section-no\" data-id=\"7866ba6\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-7fbf9e7 exad-glass-effect-no exad-sticky-section-no\" data-id=\"7fbf9e7\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2ff83f2 exad-sticky-section-no exad-glass-effect-no elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2ff83f2\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Bibliographie :<\/strong><br \/>\u00c9velyne Duret, \u00ab Les charrettes festives en Provence rhodanienne. Variations d\u2019un rite et de son espace de r\u00e9f\u00e9rence du XVIIIe au XXe si\u00e8cle \u00bb, in <em>Le Monde Alpin et Rhodanien<\/em>, 1-2\/1993, pp. 35-61.<\/p><p>Laurent-S\u00e9bastien Fournier, <em>La f\u00eate en h\u00e9ritage<\/em>, Aix-en-Provence, Publications de l\u2019Universit\u00e9 de Provence, 2005.<\/p><p>Laurent-S\u00e9bastien Fournier, \u00ab La Tarasque m\u00e9tamorphos\u00e9e \u00bb, in Chiara Bortolotto (dir., avec la collaboration d\u2019Annick Arnaud et Sylvie Grenet), <em>Le patrimoine culturel immat\u00e9riel. Enjeux d\u2019une nouvelle cat\u00e9gorie<\/em>, Paris, \u00c9ditions de la Maison des Sciences de l\u2019Homme, 2011, pp. 149-166.<\/p><p>Laurent-S\u00e9bastien Fournier, \u00ab L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019inventaire, une opportunit\u00e9 pour la recherche anthropologique \u00bb, in <em>In Situ. Revue des patrimoines<\/em>, 33, 2017 (en ligne : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/insitu\/15465\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/insitu\/15465<\/a>).<\/p><p>Clifford Geertz,<em> Bali, l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une culture<\/em>, Paris, Gallimard, 1973.<\/p><p>Marie-France Gueusquin, <em>La Provence arl\u00e9sienne, traditions et avatars<\/em>, Arles, Actes Sud, R\u00e9union des Mus\u00e9es Nationaux, 2000.<\/p><p>Jean-No\u00ebl Pelen, \u00ab Le Pays d\u2019Arles : sentiments d\u2019appartenance et repr\u00e9sentations de l\u2019identit\u00e9 \u00bb, in <em>Terrain<\/em>, 5, 1985, pp. 37-45.<\/p><p>Martine Segalen, Vie d\u2019un mus\u00e9e, Paris, Stock, 2005.<\/p><p>Dominique S\u00e9r\u00e9na-Allier, \u00ab Les dioramas du Museon Arlaten : de la lecture critique au projet de conservation\/restauration &#8220;in situ&#8221; \u00bb, in <em>In Situ. Revue des patrimoines<\/em>, 29, 2016<br \/>(en ligne :<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/insitu\/13063\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/journals.openedition.org\/insitu\/13063<\/a>).<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ethnologie du patrimoine qui se d\u00e9veloppe aujourd\u2019hui ne proc\u00e8de pas tout \u00e0 fait de la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019ethnologie classique. 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